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Amputation et sport ...
Un athlète pas comme les autres !
                                                             
Handicap : Traversee de l'Atlantique a la rame !
envoyé par handimobili



                                                  
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Mon histoire:


Je m’appelle Festor Franck, je suis né le 20 avril 1971 à Metz. Mon père, Berthold est militaire de carrière et ma mère Paulette, née Richter est ouvrière. J'ai 2 sœurs, Muriel née en 1968 et Laëtitia en 1977. J'ai vécu mes premières années en Lorraine, à Metz, puis 5 ans en Allemagne, dans un camp de manoeuvre, à Münsingen. En 1980, mon père prend la quille et il rejoint l'école des douanes de La Rochelle. Pendant ce temps nous vivons chez notre grand-mère maternelle, à Rouanne. C'est à cette époque que je vais découvrir et pratiquer le rugby. 6 mois plus tard, nous prenons nos quartiers à Bouzonville, en Moselle, à la frontière allemande. J'ai 10 ans. Avec mes sœurs, nous sommes scolarisés dans un pensionnat, La Providence de Bouzonville. Discipline et rigueur sont au programme. Par contre, plus de rugby, il n'y a pas de club. Alors, je m’inscris dans un club de vélo, « les hirondelles ». Très vite, je parcours de longues distances, 40 à 50 km. Puis à 11 ans, je suis mon père en course à pied. 14 km de bitume avalés presque quotidiennement. Je suis la voie et l'exemple paternel. A 12 ans, je suis capable de nager 1,5km, de rouler 40km et de courir 10km, le tout en une seule traite. Et puis je rêve d’aventure, d'action. Je veux devenir légionnaire. Servir la patrie, comme mon père. Malheureusement, le destin ne l’entend pas ainsi.
Le 19 juin 1987, alors que je me ballade en mobylette, je suis renversé par une voiture. Fracture de la jambe, puis complication entraînant une gangrène gazeuse. 3 mois de réanimation et un total de 6 mois cloué dans un lit d’hôpital. Fini le sport, adieu la légion. Il faut tout remettre en question. En 1989, nous déménageons en banlieue messine. Je vais tenter de suivre une formation d’électrotechnicien, malgré des hospitalisations à répétitions et des soins quasi journaliers. Afin de bien m’enfoncer dans la galère, c'est au tour de ma mère de nous lâcher. Divorce, souffrances physiques et psychologiques. Pourtant il faut tenir bon, se battre, perdre des batailles, mais pas la guerre. J'ai toujours du soutien d’Alex, Franck, Hervé, Eric, Olivier, ses parents Udo et Mira … Et puis mon père, mes sœurs, ma famille paternelle, toujours unis, même dans la souffrance. La rencontre avec la copine de mon père, Françoise et d’Aline et Christophe, ses 2 enfants.
En 1992, je débute une formation en BEP Électronique. Un reclassement professionnel. J'ai bien décroché un CAP BEP Electrotechnique, mais il n'est pas compatible avec mon handicap. C'est ainsi que je me retrouve confronté au monde du travail et du handicap. C'est la rencontre de Jean Marc, un Chti et Olivier, un parigot. Plus de 2 ans de formation, à tenter de se reconstruire. On partage notre quotidien. On s’entraide et surtout on se comprend. Je positive un peu plus et me relance dans le sport. D'abord, en musculation, mais je n’accroche pas avec l’ambiance "Monsieur muscle". Je me remets au vélo. Ma cheville est très douloureuse, mais paradoxalement, ça me fait du bien, surtout dans la tête. Et puis, un jour je décide de courir avec mes cannes anglaises, en appui que sur ma jambe valide. Je prends même le départ en 1994, des 5km de Metz, que je boucle ainsi en 43mn. Fin de la formation, rechute médicale. Pourtant j'ai la hargne. Je cours les 10km de Reims, sous un déluge de pluie, de vent et de chutes. A l'arrivée, j'ai les mains en sang, 40% du pied recouvert d’ampoules, mais fier d'avoir terminé sans être dernier. Une belle revanche sur les galères passées et futures.
Décembre 1994, rien ne va plus. Après 31 interventions, plus de 7 ans de galère, je prends la décision d'en finir. Le 13 décembre, on ampute. C'est enfin fini, une sorte de libération. 10 jours plus tard, je suis en discothèque et je fais la java. 1mois plus tard, je suis au centre d'appareillage de Gondreville, à quelques kilomètres de Nancy. C'est la rencontre avec Benoît, mon prothésiste et Jean-Luc. Ben va me remettre sur pied. Il me fait rencontrer Jean Yves Léger, amputé des 2 jambes. Pourtant il court avec un appareillage spécifique. Pour moi, c'est simple, je vais en faire autant. 6 mois plus tard, je cours une dizaine de minutes sur tapis roulant. Je me blesse énormément, mais ce n'est pas grave. Quand je ne peux plus mettre ma prothèse suite à quelques frottements et plaies, je continue à courir avec les béquilles. J'ai un ami qui m’accompagne. Il s'appelle Vincent. C'est une force de la nature, malgré son jeune âge.
Novembre 1995, je travaille à
la CRAM, pendant 3 mois. Puis je trouve quelques contrats en intérim, en manutention. Je vais même faire du terrassement, à la pelle et la pioche. Pourtant, quelques mois plus tard je me verrai contraint de mettre fin à ces activités. La COTOREP
m’interdit de travailler dans de telles conditions. Plus le droit au port de charge, de travailler debout, en intempéries et en hauteur. Pour couronner le tout, pas le droit au chômage, au RMI et à l’Allocation Travailleur Handicapé. Juste le droit d'en prendre plein la gueule et de dire merci. On appelle cela faire du social. Heureusement juin 1996, je décroche un contrat CIE (Contrat Initiative Emploi) de 2ans, dans une caisse d'Assurance Maladie pour fonctionnaires, grâce au patron de la mutuelle des douanes de Metz. C'est un ami, qui connaît bien ma situation et mon histoire. Enfin je souffle. Cette année là, je fais également la rencontre de Laurence qui sans le savoir encore, va partager ma vie. Je continue le sport, est participe à mes premiers championnats de France Handisport à Toulouse. Malheureusement, dans le même temps, je perds mon ami Vincent. La maladie le rattrape et malgré ses 20 printemps, il décède d'un cancer … "Chienne de vie", quand tu t’acharnes.
En 1997, je m’envole pour San Diego, ou je participe à un meeting International d’Athlétisme. Quelques semaines plus tard, je fais tomber à 2 reprises le record de France du 400m et je décroche mes premiers titres nationaux sur la distance et l'argent sur 200m. J'ai rencontré Hervé, il est atteint d’une paralysie complète du bras, plexus brachial. On s’entraîne ensemble. Lui aussi décroche ses premières breloques. En 1998, rebelote, je gagne le 400m des championnats de France de Pontarlier, avec un chrono en 1mn04s. Et puis du bronze sur 200m. 1999, 2 médailles d’argent sur 200 et 400m au France de Béziers. Je participe également à de gros meeting de la golden ligue, comme le meeting international de Bruxelles et Monaco.
Cette année, j’ai changé de métier. J’ai suivi Benoît, mon prothésiste. Il s’est mis à son compte sur Nancy et a créé sa propre société: Technic-Ortho. J’y travaille comme ouvrier et je m’occupe de la fabrication d’orthèses et prothèses en tous genres. La même année, le 14 août 1999, c’est l’apothéose de la vie. Vincent vient de naître. J’ai du mal à me rendre compte, que j’ai un fils. C’est merveilleux. Le 11 décembre, c’est le baptême de Vincent et notre union avec ma femme Laurence. Si on m’avait dit cela, il y a quelques années, je n’y aurais jamais cru.
En 2000, encore quelques titres. 2001, je cours derrière une sélection en équipe de France. Je suis affûté, je m’entraîne énormément. Je cours les 5km de Metz en 22mn 30s. Et puis, au France, c’est la claque. Je reviens d’une blessure, et je suis incapable de réaliser les minima Nationaux.
En 2002, je quitte Technic-Ortho, pour rejoindre le 43ème Régiment de Transmission à Montigny les Metz. Je me rapproche de la famille, change totalement de métier, pars en école d’application des Transmissions à Rennes. J’ai été embauché sur contrat d’un an, suite à un recrutement de travailleur handicapé. J’y travaille comme informaticien, personnel civil de la défense.
En 2003, je suis titularisé, mais j’appartiens dorénavant au 40ème Régiment de Transmissions. Je rencontre Bertrand et François. Ils sont étudiants à Nancy et dans leur cursus de formation, il monte le projet de réunir de l’argent et de partir courir le marathon de New York le 2 novembre 2003. C’est moi, qui serai du voyage. En guise de préparation, je cours le semi marathon de Metz en 2h13mn et celui de Thionville en 2h16mn. Au mois, de septembre avec Jean Luc et son association entr’aide, nous partons faire un stage de plongée en Corse avec d’autres personnes amputées. C’est la rencontre notamment avec Frank et Joe. Ce sera un stage magique.
Le 2 novembre, 10 heures Pont de Verrazano, New York. C’est le départ du marathon. 42km dans les avenues de la ville.
20°C
, plus 40 000 participants. Accompagné de mes 2 mécènes, j’avale les kilomètres. C’est dur, j’ai mal. Des crampes terribles au moignon. 5h55 plus tard, je passe la ligne d’arrivée, les yeux mouillés, pleins d’images dans la tête. Les derniers kilomètres, c’est ma vie qui défile. C’est fabuleux. Je suis serein, fière et heureux d’avoir gagné un pari fou. C’est pour ceux qui m’aiment, ceux qui m’ont donné et surtout ceux que j’"aime".
Le 16 janvier 2004, c’est au tour d’Alexis de nous rejoindre dans notre petite famille. Quelle fierté de les voir, de les sentir avec son grand frère Vincent. D’avoir pu contribuer à donner la vie, alors qu’elle est si fragile. Parfois les larmes coulent, mais ce sont des larmes de bonheur et de joie, plus comme auparavant ou elles rimaient avec souffrance.
Septembre 2004, avec Jean-Luc et 15 personnes handicapées en majorité amputées, nous avons participé à un raid VTT, au maroc. 9 étapes dans le moyen atlas. Une grande histoire de vie… J’ai vu le courage, l’abnégation, la fraternité et la cohésion. Plus que du sport, c’était du partage, de l’aventure humaine. Demain, je partirai pour d’autres aventures, mais plus tout seul. Que ce soit sur terre ou sur mer ou dieu seul sait encore, ce ne sera pas pour la gloire, juste pour rappeler ma différence, notre différence, et démontrer qu’il faut savoir relever la tête, regarder loin devant.



"Vivre ou Mourir…"



PALMARÈS :

Avirons :

7 février 2008 : 12ème place sur 23 bateaux
ocean rowing race en 67 jours, 23h et 24mn (seul équipage handisport)

10décembre 2007 : Open Concept 2 (compétition rameur)
2000m en 6mn48s Record du monde catégorie LTA


Meeting Internationaux:

Médaille

Distance

Année

Meeting et lieu

Dpt

Argent

200m

2000

Championnat de France à LYON BRON

69

Bronze

200m

2000

Championnat de France Indoor à EUBONNE

95

Argent

200m et 400m

1999

Championnat de France à BEZIER

34

Argent

200m

1999

Championnat de France Indoor à EUBONNE

95

Or* et Bronze

400m et 200m

1998

Championnat de France à PONTARLIER

25

Argent et bronze

200m et 400m

1997

Championnat de France à LYON

69

* record de France du 400m : 1mn04s

*record de France


Meeting nationaux :

Meeting

Distance

Année

Lieu et Pays

Classement

Flex Foot

100m

400m

1997

San Diego USA

½ finale : 6ème

Final : 8ème

Golden ligue

200m

1998

St Denis France

Finale : 4ème

Golden ligue

100m

1998

Bruxelles Belgique

Finale : 7ème

Golden ligue

100m

1999

Stade Louis II Monaco

Finale : 7ème

Golden ligue

100m

2000

Stade Louis II Monaco

Finale : 8ème



Courses sur route :

Corrida de Montigny les Metz 1998 : 13,5km - 1h05mn
15 km de Chateau Salin 1998 : 1h15mn
6h de Marly 1998 : 34,125km
5km de Metz 2001 : 22mn30s
Corrida de Montigny les Metz 2002 : 13,5km - 1h15mn
Semi Marathon de Metz 2003 : 2h13mn
Semi Marathon de Thionville 2003 : 2h16mn
Marathon de New York 2003 : 5h55mn
20km de Paris 2004 : 2h13mn
Marathon de Paris 2005 : 4h56mn
Semi Marathon de Thionville 2005 : 1h56mn
12km de Longemer (88) 2006 :
1h06mn
Corrida de Montigny les Metz 2006 : 13,5km - 1h18mn
20km de Paris 2006 : 1h56mn
Marathon de Monaco 2006 : 5h43mn
Semi marathon de thionville 2007 : 2h36mn