MON METIER





Musique: Prendre un enfant par la main




Ma tâche consiste à accueillir 7 jours sur 7 et 24H sur 24 des enfants de tous ages et toutes origines.
Ils peuvent être bébés, adolescents ou jeunes majeurs.
La plupart de ces enfants sont en difficultés : quel que soit l’âge, la culture, être accueilli est une souffrance douloureuse pour l’enfant que l’on sépare de sa famille.
Souvent victimes de maltraitances diverses, ils apportent avec eux un vécu ténu et fragile. Ils demandent beaucoup d’affection, beaucoup de temps.




JE DOIS M’INVESTIR A FOND DANS MON TRAVAIL ; CE SONT LES PARTICULARITES ET TOUTE LA DIFFICULTE DE MA PROFESSION EXERCEE DANS UN MÊME LIEU QUE LA VIE FAMILIALE.

7 JOURS SUR 7 JE SUIS ASSISTANTE MATERNELLE, FEMME, EPOUSE, MERE ET GRAND MERE
Ceci au même moment et dans un même lieu, ma maison, ce qui n’est pas toujours une chose facile à gérer.


24H SUR 24, car je ne peux pas laisser derrière moi les soucis de travail, le soir, comme tout travailleur puisque j’accueille en continu ces enfants.




Ces enfants je ne les ai pas désirés ni portés comme mes propres enfants, ni rêvés au sens génétique, ce ne sont pas mes enfants mais je dois faire « comme si »
Je dois
: - les protéger et les soigner
- observer leur comportement,
- leur apporter une stabilité ,
- les rassurer, les sécuriser pour leur permettre d’arriver à leur autonomie future,
- leur garantir une intégration dans notre propre famille tout en la préservant et en ne perdant pas de vue que cet enfant a sa propre personnalité.
- les éduquer dans la vie quotidienne,
- suivre la scolarité, assister aux réunions scolaires et rester en contact avec les enseignants,
- s’occuper du travail scolaire et extra scolaire, les accompagnements sportifs.....
- les visites lors de suivi médico- psycho- pédagogique sont aussi de notre ressort.


Ce qui est important aussi, c’est le maintien des liens avec la famille naturelle et l’accompagnement de l’enfant dans cette voie.
Pour ce faire il est arrivé que j’accompagne un enfant dans une maison d’arrêt pour qu’il rencontre un de ses parents ; On peut être emmener à les accompagner dans des maisons de santé ou dans des hôpitaux ou tout simplement en visite chez leurs parents ou dans des lieux neutres pour assurer les rencontres.


Dans mon travail, je dois prévenir le service des problèmes que l’enfant peut rencontrer tant dans sa vie scolaire que quotidienne.

La concertation avec les travailleurs sociaux doit se faire réciproquement pour établir un projet pour l’avenir de l’enfant.
Nous devons toujours nous concerter et faire en sorte que l’enfant puisse se retrouver et ne voie en nos échanges que des échanges bénéfiques pour lui.


Je dois aussi assister à des réunions de service, d’information et de formation, des synthèses pour faire le point sur la situation de l’enfant.
En cas de danger, je dois agir en conséquence en avertissant le service de placement afin de vérifier la réalité des faits et permettre ainsi à l’équipe d’avertir le juge des enfants afin que la situation s’arrange au mieux pour l’enfant.


La mission des assistantes maternelles et de leur famille est très délicate : l’ensemble de la famille ne doit pas trop s’attacher à l’enfant, ni se l’approprier car il est toujours possible qu’il rejoigne sa famille.


TROUVER LE BON EQUILIBRE ENTRE PROFESSIONALISME ET ATTACHEMENT TELLE EST LA RUDE TACHE DES ASSISTANTES MATERNELLES.


L’enfant placé a besoin d’une famille qui saura l’écouter, le supporter et l’aimer. Accueillir un enfant pour un certain temps, quelques mois, quelques années, accepter son départ, devenir des parents temporaires est un engagement qui exige le meilleur de soi. C’est un métier qui s’apprend au fil du temps et des placements.


« Qui sont ces femmes et ces hommes capables de répondre à ces deux exigences, apparemment antagonistes : aimer et protéger l’enfant qu’on leur confie et accepter ensuite d’être privé de lui à jamais ? Ce sont des personnes d’une bonté infinie qui du bout des lèvres disent qu’il faut faire attention à ne pas trop s’attacher au petit juste avant de lui croquer le cou en lui glissant un mot d’amour dans l’oreille ! »
(Tiré du magazine « ENFANTS » volume 11 N° 3 de décembre - janvier 99 )





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