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Patrice LUMUMBA |
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Le quarantième anniversaire de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba tombait le 17 janvier. Par un malheureux concours de circonstances, cet anniversaire a coïncidé avec l’assassinat du président congolais Laurent Désiré Kabila.
Premier Premier Ministre du Congo-Kinshasa et leader du MNC, Patrice Lumumba est cet apprenti politicien que dévora le zèle de la nation congolaise. Avant son assassinat le 17 janvier 1961, sachant que ses jours étaient désormais comptés, Lumumba, dans une lettre-testament à sa femme Pauline, griffonna comme un murmure ces paroles qui coupent le souffle: "
L’histoire dira un jour son mot, et ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera aux Nations-Unies, Washington, Paris ou Bruxelles, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera, du nord au sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité." Le poète Tchicaya U Tam’si, du Congo-Brazzaville, celui-là même qui, en août 1960, avait traversé le fleuve Congo et s’était mis au service de Lumumba, dont il reçut la direction du quotidien Congo, compara le héros national du Congo au Joseph de la Bible, "vendu par ses frères pour quelques deniers" (Le ventre, Paris, Présence Africaine, 1964, 19). Ce Lumumba, dont les missionnaires passionnistes ont voulu naguère faire un catéchiste, Jean-Paul Sartre a dit qu’il demeurera dans la conscience africaine "comme une exigence qu’ils ne peuvent ni remplir ni écarter". C’est cette stature d’un personnage-symbole que soulignait également le philosophe français lorsqu’il affirmait que par sa mort, Lumumba a cessé "d’être une personne pour devenir l’Afrique tout entière". La force d’un symbole est dans ce qu’il donne à penser. Pour Jean-Paul Sartre, Lumumba "représentait, vivant, le refus rigoureux de la solution néocolonialiste" ("Préface" à La pensée politique de Patrice Lumumba, Paris, Présence Africaine, 1963). |
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Frantz FANON Simon KIMBANGU |
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Frantz Fanon
Cet "emmerdeur" fut essentiellement un prophète du tiers-mondisme. Son illustre compatriote, le poète Aimé Césaire, a peut-être capté mieux que quiconque l’énergie vitale qui coulait dans les veines de ce révolutionnaire, lorsqu’il a dit de lui que "Fanon est celui qui vous empêche de vous boucher les yeux et de vous endormir au ronron de la bonne conscience" (Césaire, Afrique Action). C’est que Fanon interrogeait tout, questionnait tous. Croyant profondément en "la révolution africaine", il a cherché la force libératrice partout où il pouvait la trouver. Martiniquais, il avait épousé presque irrémédiablement la condition existentielle de ceux qu’il a appelé, dans une formule percutante et désormais célèbre, les "damnés de la terre". Il se sentait "concerné", c’est-à-dire comme-cerné par la misère des peuples ployant sous le joug colonial et impérial. Il avait fait son credo que "chaque fois que la liberté est en question, nous sommes tous concernés." Le même Sartre a vu en Fanon et en Lumumba "deux grands morts (qui) représentent l’Afrique. Non pas leur nation: tout le continent". Le hasard avait tellement lié ensemble leurs destins, que, nés en la même année (1925), Lumumba et Fanon sont morts aussi en la même année (1961), l’un en janvier, l’autre en décembre, l’un en Afrique, l’autre parmi la diaspora noire des Etats-Unis d’Amérique, à l’âge de 36 ans!
S’il me fallait proposer à la jeunesse africaine un leitmotiv tiré de la vie et de la pensée de Fanon, ce serait sans doute ce murmure qu’il souffla à la fin de Peau noire, masques blancs, qu’il désigna lui-même comme sa "prière ultime". La voici: "O mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge". N’est-ce pas cela la philosophie de la traversée, cette quête perpétuelle comme refus de la sédentarisation repue?
Simon Kimbangu
Fondateur de "l’Eglise du Christ sur la Terre par le Prophète Simon Kimbangu" (plus connue sous l’appellation d’Eglise kimbanguiste), Simon Kimbangu est un symbole de la lutte du peuple noir pour sa foi. Son église fut la première du tiers-monde à avoir été agréée au sein du Conseil Oecuménique des Eglises. Au bout de trente années de prison et de sévices, il mourut (en prison), martyr de sa foi. C’était en 1951. Le Congo, son pays, était alors sous le régime colonial belge. Le "péché" mortel de ce prophète noir fut d’avoir cru fermement que Dieu voulait sauver ces noirs que des occidentaux disaient "sans âme".
C’est donc à la mémoire et aux mânes de ces "ancêtres" de la lutte africaine pour la libération et la promotion humaine, politique, intellectuelle et spirituelle du continent que sera dédiée cette "fête scientifique". Ils connaissent eux-mêmes la trame de l’histoire que nous allons raconter, qu’ils veuillent nous servir à la fois d’étais, de surveillants et de garants, comme disent les conteurs dans la savane africaine. |
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La Traversée africaine, l'IASMi |
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