Septembre 1939 


Paris m'a désigné pour le Cuirassé Provence. Il y avait 1300 hommes d'équipage (plus de 300
réservistes minimum en temps de guerre, alors que sur un Sous - Marin nous étions 25).
J'étais au dépard à la tourelle 3, puis je me suis retrouvé à la tourelle 1 plage avant, ce qui n'est
pas un poste de tout repos!
A la tourelle arrière, par mauvaise mer, les hommes y sont bien plus heureux ! De plus, c'est rare
que l'on mouille l'ancre à l'arrière .
1939 : c'est la déclaration de guerre ; un drôle de changement pour un jeune Second-Maître, à
qui il fallait plus d'autorité .
Un jour de patrouille au large de Gibraltar, alors que j'étais au poste de veille, (nous allions passer
le détroit pour rejoindre l'Océan Atlantique) une aussière s'est engagée dans une des hélices tribord
et l'a bloquée.
Heureusement que nous étions proche du port de Gilbraltar (Port Anglais) car il y avait trois
Sous-Marins Allemands qui nous attendaient à la sortie du détroit .
Dans la soirée, il nous a été communiqué qu'un des Sous - Marins à été coulé par un Torpilleur Anglais.
Nous sommes restés une semaine à l'Arsenal de Gilbraltar. Durant notre séjour au port, les
Anglais nous ont gentiment invité à boire du vin rouge ce qui fait que nous nous sommes retrouvés
avec une bonne cuite.
Après y avoir passé deux mois en patrouille, nous sommes revenus en Méditerranée pour
retrouver une Mer beaucoup plus calme, et donc plus reposante pour nous, malgré que nous étions
toujours au poste de veille .
(La différence qu'il y a entre le poste de combat et le poste de veille, c'est qu'au premier il faut
rester à son poste, nuit et jour, manger et dormir compris, un matelot de la tourelle est détaché
pour aller à la cambuse nous cherchés à manger et nous restons toujours en communication avec
l'Officier de tir avec le casque sur les oreilles, canons chargés, tandis qu'au second nous avons un
peut de liberté, on peut sortir de la tourelle sans s’éloigner, se dégourdir les jambes ex...)
Un beau jour alors que nous sommes seuls en patrouille en direction de Dakar, on nous signale
une Escadre Italienne, nous étions toujours prêts et les pièces chargées il devait y avoir un combat
mais les Italiens s'avaient bien que nous avions des tourelles doubles de 340 mm et que ça pouvait
faire de gros dégâts.
Une heure plus tard le Commandant nous communique qu'ils étaient retournés dans leur base,
bien sûr, nous n'étions pas fâchés car il y aurait eu certainement de la casse de part et d’autre.
Donc quand la France à été envahie nous, avons eu l'ordre de l'Amiral Chef d'Escadre de rejoindre
Dakar , étant toujours en guerre .

Alors que j'étais sur la Provence je passais mes permissions à Oran avec des amis le couple
Fichet et leur petite fille.

Plage arrière
Après le passage de l'Equateur j’ai reçu mon baptême et le certificat de passage de la ligne, (voir page documents).
Nous pouvons passer plusieurs fois l'Equateur, mais le certificat, nous ne l'avons qu'une seule fois .
De Dakar, nous repartons pour l'Afrique du Nord, la France ayant demandé l'Armistice .
C'est bien triste, car la Flotte française était pratiquement intacte, mis à part deux ou trois Torpilleurs et
Sous-Marins coulés à Dunkerque .

Le Cuirassé Provence dans la plume
Festivités



Pique-nic à Oran

Les trois cuirassés de la classe Bretagne, lancés avant la grande guerre et terminés au début, étaient la
seconde série de Dreadnoughts Français. PLus grands et dotés de pièces de 340 mm au lieu de 305 mm,
ils bénéficiaient donc d'une puissance de feu accrue, notamment du fait que la tourelle centrale se situait
dans l'axe.
Ils subirent après 1918 nombre de modifications, dont la modification des affûts de leurs pièces, afin
d'augmenter leur hausse en 1921-23, puis leurs chaudières à charbon furent en partie changées pour des
chaudières à Mazout en 1927-30 et enfin en 1932-35, ils reçurent de nouvelles superstructures, postes de
direction de tir, télémètres, et de l'artillerie secondaire antiaérienne. Ils reçurent également de nouvelles
pièces de 340 mm, tandis que leurs machines passaient toutes à la chauffe au mazout, tandis que leur
casemate et leur réduit central voyait leur protection grandement améliorée.
Le Lorraine reçut en oute un hydravion, avec hangar, grues et catapulte à la place de sa tourelle centrale
de 340 mm.
Durant le conflit, eu après l'armistice, le Bretagne et le Provence étaient présents à Mers-el-Kébir lors de la
remise de l'ultimatum de l'amiral Sommerville à l'amiral Français Gensoul. Les tirs de l'escadre Britannique
firent mouche et le le Bretagne, touché dans une soute à munitions, explosa, faisant de nombreuses victimes.
Le Provence faillit subir le même sort et fut gravement avarié.
On fut constraint de l'abandonner, et elle coula lentement dans la rade. On la renfloua et on la conduisit à
Toulon pour réparations. Elle reprit du service mais se saborda comme le reste de la flotte en novembre
1942. Le cuirassé Lorraine était de son côté présent à Alexandrie lors de l'opération "Catapult", et fut interné
et désarmé jusqu'en 1943, ou l'unité rejoignit les FNFL. Elle reçut des modifications aux USA, et servit en
Méditerranée. De 1945 à 1953, elle servit de navire-école et fut désarmée et convertie en coque utilitaire,
étant finalement démolie la même année.
Caractéristiques: Déplacement: 21 000 t. standard -26 200 t. Pleine Charge Dimensions: 165 m long, 28 m large, 7.3 m de tirant d'eau. Machines: 4 hélices, 4 turbines Rateau-Bretagne, 9 chaudières Guyot Du Temple, 120 000 cv. Vitesse maximale 21.5 noeuds. Blindage: ceinture 305 mm, réduit central de 250 mm, pont 65, tourelles 340 mm, blockhaus 340 mm. Armement: 10 pièces de 340, 8 pièces de 100 mm AA, 8 de 37, 12 de 13.2 mm AA, 2 TLT SM, 2 avions. Equipage: 1200 Hommes